Le conseil municipal du 20 mars concernant le budget, aurait pu être un conseil sérieux et sans surprise, c’était compter sans Trissotin (1) qui a permis aux autres élus, au public, de s’amuser un peu…à ses dépens.
D’abord chacun était sur ses positions, sinon dans son rôle.
L’ancien CMDEAC (2) il faut le reconnaître, a réussi sa reconversion en adjoint aux finances, sa présentation du budget de la majorité municipale, plus politique et plus synthétique que celles de l’ancien pédagogue comptable, a permis d’en avoir une vision d’ensemble, de mieux comprendre les choix (contestables) de la majorité.
Au nom d’ Agir Ensemble, Suzanne Coulet, dans un premier temps, a condamné la forme : cette fausse démocratie participative qui consiste à organiser avant le conseil, une réunion publique lorsque tout est décidé et cadenassé. Il serait plus honnête de faire une réunion d’information après le vote du budget où chaque groupe apporterait ses commentaires.
Pour Agir Ensemble, associer réellement la population, « impliquerait en amont plusieurs mois de réunions thématiques avec la population. »
L’adjoint à la culture, vous savez celui qui fait les courses au supermarché pour les repas des musiciens les jours de concert (3) a eu cette réponse édifiante :
« Ce serait idéal si tout le monde comprenait le budget. »
Traduction : Comme les habitants ne sont qu’une bande d’ignorants le budget ne peut se discuter qu’en petit comité. Et après ça, avec ses petits camarades, il viendra nous parler d’éducation à la citoyenneté.
Puis les élus d’ Agir Ensemble ont dénoncé les taux de la fiscalité bien trop élevés sur notre commune, et les choix de la majorité en matière d’investissement, qui à notre avis ne correspondent pas (mis à part la cuisine scolaire) aux nécessités prioritaires de la commune.
Son tour venu, le conseiller municipal de « l’Avenir Autrement » a voulu faire honneur à sa situation de candidat UMP à la députation en défendant le sarkozisme et son application locale : « Puisque l’État fait des efforts, il faut des efforts des communes. »
Les efforts de l’État on voit ce que cela donne. Malgré les centaines de milliers d’emplois publics supprimés et une fiscalité totalement injuste, la dette publique a explosé sous le règne de Sarkozy. Quand aux efforts des collectivités locales ils consistent à amortir pour les populations l’austérité que le président-candidat nous a imposé, efforts que les collectivités ne font pas sans difficultés car « Le 20 mars on ne connaît pas encore les dotations de l’État » a signalé l’adjoint aux finances.
C’était donc une séance sérieuse, presque convenue, avec ce budget 2012 , jusqu’à ce qu’intervienne Victor Hugo, pardon, Trissotin.
« Ce budget c’est une triste et morne plaine. »
Une plaine ? Ça alors ! Effectivement Clarté et Démocratie disait être une gauche de terrain, la voilà maintenant avec un budget de terroir.
Après cette référence littéraire, Trissotin aligna de ces bonnes blagues qui font sa renommée et que nous résumons ici.
Il a déploré une baisse des investissements. Comme si chaque année il fallait acheter un autre terrain pour construire un autre lycée. A moins qu’il veuille que la caserne des pompiers de Lédignan soit reconstruite à Saint-Christol sur le terrain inondable qu’il avait trouvé à cet effet (ça a été longtemps son dada).
Il a inventé une nouvelle comptabilité communale en remplaçant les dotations par des « promesses de subventions ».
Il a cru que les restes à réaliser du budget 2011 étaient des projets abandonnés, et pour finir il a énoncé des chiffres de pure fantaisie qu’il n’a pu retrouver sur les lignes budgétaires, ce qui a permis à la majorité de le « massacrer » trop facilement.
Sa colistière la Gente Meunière a voulu prendre sa défense : « Vous avez oublié quand vous étiez dans l’opposition » lança-t-elle au maire.
La différence c’est que lorsque la majorité d’aujourd’hui était hier dans l’opposition, ses interventions sur le budget étaient construites et amenaient le débat, pas la franche rigolade. Ce qui permit à Suzanne Coulet de dire aux opposants d’hier « Il faut dire qu’à l’époque c’était vous même qui prépariez vos interventions ». Hilarité générale (moins deux abstentions).
Trissotin aurait-il un « nègre » dont il n’assimilerait pas bien les écrits ? La question est à nouveau posée.
Mais avant de clore ce compte rendu nous sommes obligés de signaler à Trissotin que ce n’est pas un budget qui a une morne plaine, c’est Waterloo
« Waterloo ! Waterloo ! Waterloo ! morne plaine ! » a écrit Victor Hugo dans un long poème qui a pour titre L’expiation, qui fait partie du recueil «Les châtiments ».
Quoiqu’il est vrai que cette séance fut pour Trissotin un véritable Waterloo, qu’il y reçut des autres élus un véritable châtiment.
Était-ce un début d’expiation pour son alliance UMP/PS ?
(1) Trissotin est le secrétaire de la section locale du PS alliée à l’UMP aux municipales.
(2) CMDEAC Conseiller municipal délégué exclusif aux affaires communautaires.
(3) Voir l’article du 15 septembre 2011 « L’adjoint aux finances c’est pas du pipeau ».