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Lectures. GEORGE SAND à NOHANT. Une MAISON d’ARTISTE. 22 septembre 2018

Classé dans : LECTURES,Toutes — agir ensemble 30380 @ 12 h 34 min

Le livre écrit par Michelle PERROT qui vient de paraître aux éditions du Seuil est passionnant.

Ce n’est pas une biographie d’Aurore Dupin, baronne Dudevant après son mariage, qui séparée de son mari devint l’écrivaine George Sand (de Sandeau Jules, dramaturge, l’un de ses amants).

C’est tout au long de ce XIXième siècle l’histoire de sa maison, de ceux qui y vécurent, y passèrent. Maison héritée de sa grand mère, déscendante illégitime du roi de Pologne.

Afin d’être libre, indépendante, par besoin de financer son train de vie, elle écrit, écrit sans relache toutes les nuits. Résultat une centaine de romans, des centaines de pièces de théâtre et d’essais, cinquante mille lettres à des centaines de correspondants.

Mais il n’est pas nécessaire d’être ou d’avoir été lecteur de George Sand pour être régalé par ce livre. On le parcours comme si l’on était un invité de Nohant parmi d’autres en participant à ses repas (copieux) ses spectacles de marionnettes, en allant se baigner dans l’Indre et le soir en écoutant Chopin.

C’est dans cette maison qu’elle aménage, transforme, en y incluant un théâtre de 60 places où elle prépare les pièces qui seront jouées à Paris. Ici avec les amis, les domestiques, les villageois, acteurs ou spectateurs.

Dans ce Berry, centre de la France, elle a une oasis, un refuge -il faut trois jours pour venir de Paris avant le chemin de fer- Là elle produit l’essentiel de son œuvre, tout comme le fera Chopin pendant les sept ans où il est son compagnon.

Delacroix, Litz, Flaubert, Dumas, Renan, Balzac, Tourgueniev… chercheurs, scientifiques, philosophes, des amis berrichons, y ont table ouverte et nous en font des comptes rendus.

On l’assiste menant sa maison (jusqu’à 12 domestiques), élevant ses enfants, s’occupant plus ou moins de ses fermes (200 hectares) qui ne lui rapportent guère mis à part les soucis, fumant comme un pompier, faisant de la couture.

Républicaine, partageant les idées socialistes de son ami Pierre Leroux, elle financera des journaux républicains de l’Indre.

Elle sillonne la campagne à cheval ou en sabots, étudie la géologie, la botanique, cultive son jardin, elle a des amants. Et elle écrit, écrit encore, jusqu’à un journal à quatre mains (les Agendas) avec son compagnon Alexandre Manceau.

Mais comment fait-elle ?

Le travail de Michelle Perrot débouche sur un livre savoureux où faire des confitures « c’est aussi sérieux que de faire un livre » affirme Sand qui là aussi s’y connait.

Elle avoue « J’aime les comédiens, leur société me distrait roujours, il me semble vivre avec des enfants et j’ai l’amour des enfants…».

Riche grâce à son travail, elle est éprise de justice sociale et s’interroge « c’est une grande question de savoir si nous avons le droit d’être heureux au détriment des misérables ». Si bien qu’aujourd’hui elle ferait figure d’affreuse gauchiste car « A Liberté Egalité Fraternité, elle préférait Egalité Liberté Solidarité ».

Cette travailleuse de la nuit nous conseille « Il faut s’endormir au lever du jour. C’est l’heure où le cauchemar quitte les rideaux du lit et n’a plus de pouvoir sur les hommes » Mais peut-on se le permettre en ces temps de compétitivité ?

Puis en quittant Nohant au terme de la lecture nous aurons compris que pour George Sand « une maison est un organisme vivant, un théâtre, expression des désirs, témoin de l’histoire des occupants.. » et où règnent la liberté et la fantaisie.

 

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