AGIR ENSEMBLE

pour vivre en harmonie à Saint Christol les Ales

 

CITATION DE LA SEMAINE 3 22 janvier 2017

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« Le problème de la gauche, c’est son électorat : il n’est pas fiable »

Dominique STRAUSS KHAN

 

 

MOURIR DE RIRE. (Heureusement le ridicule ne tue pas.) 21 janvier 2017

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Journal Le Monde. Vendredi 20 janvier 2017.

Cahier principal page 2, un article avec ces titres :

A Davos, les élites redoutent la « fin de la mondialisation »

Les participants du forum économique mondial s’interrogent sur les raisons de la déferlante populiste à l’origine de l’élection de Donald Trump.

Cahier Eco & Entreprise page 3, un article avec ces titres :

Les profits des banques américaines dopés par l’élection de Trump

La hausse de Wall Street depuis la victoire de Donald Trump a soutenu l’activité de courtage des établissements financiers.

Le premier article nous décrit Davos où «On est ici entre élites, ces élites mondialisées  contre lesquelles les électeurs du Brexit, de Donald Trump et des mouvements populistes européens ont accumulé tant de ressentiment….Davos, royaume du libéralisme international, subitement transformé en camp retranché. »

C’est dramatique. Le monde de la finance est-il en train de s’écrouler ? Le milliardaire Trump va-t-il faire la peau à ses semblables ? L’heure est si grave à Davos, que Jo Biden, le vice-président d’Obama, y a lancé un vibrant appel : il faut « sauver l’ordre libéral international. »

Ah, ah, ah ! On vous a bien fait peur, mais c’était pour rire, car l’article du cahier Eco & Entreprise nous dit que « L’élection de Donald Trump a été une véritable bénédiction pour les banques américaines…Les profits de JP Morgan…Goldman Sachs…ont été notamment dopés par l’emballement des marchés financiers dans la foulée de la victoire surprise du milliardaire new-yorkais le 8 novembre. »

Et aussi « Anticipant une hausse des profits des entreprises cotées, grâce à la baisse drastique de l’impôt sur les sociétés promise par M. Trump, les investisseurs se sont rués sur les actions, portant les indices boursiers au plus haut »

Les indices boursiers sont au plus haut et il faudrait croire qu’à Davos ils n’ont pas sorti le champagne des frigos. Comme si les « élites » de Wall Street n’étaient pas à Davos. L’opposition de ces deux articles le même jour est à mourir de rire. Elle ridiculise et décrédibilise Le Monde, qui fut pendant des décennies un journal fiable.

 

 

Les ARESQUIERS : une MÉTAPHORE. 18 janvier 2017

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aresquiers

 

Pour nous changer de ces temps de froidure rappelons nous la plage, l’été.

Entre Palavas et Frontignan, de la cathédrale de Maguelone aux Aresquiers pour être plus précis, il est un splendide paysage lagunaire avec sept kilomètres de plage, quasiment déserts, y compris en juillet-août.

A cet endroit le canal du Rhône à Sète -rectiligne- y traverse les étangs.

Sa rive droite, constituée d’un seul mur de pierres, parfois délabré, lui permet de communiquer par endroits avec l’étang de Vic. Sa rive gauche est bordée d’un chemin de hallage surplombant l’étang de Pierre Blanche qui est séparé de la mer par une étroite bande de galets puis de sable.

Propriété du Conservatoire du littoral cette nature ne connaît pas le béton.

Toute l’année y vivent flamands roses et foulques. L’hiver y vient le grand cormoran et l’été l’échasse blanche ainsi que des touristes, qui sur des bateaux de location, s’ennuient à une vitesse d’escargot en allant par le canal d’Aigues-Mortes au mont Saint Clair.

Au début des années 80 en voiture, à vélo, en moto, on suivait un chemin improbable en bord de mer qui partait de Maguelone. On laissait les estivants entassés à Carnon et Palavas pour se poser où on voulait entre la mer et l’étang. Là, un 14 juillet, vos plus proches voisins étaient bien à 40 mètres, sinon plus. Il y avait un sentiment de liberté, d’absence de contrainte, le naturisme sauvage y côtoyait le « textile » sans problème. A cette époque dans les stations balnéaires, les fachos ne s’en prenaient pas aux baigneurs tout habillés, mais à ceux qui étaient à poils ( comme quoi « l’étang change »). C’était un autre monde, familial et libertaire.

Mais un jour la mairie communiste de Villeneuve les Maguelone, frappée d’ordre moral et. râlant que son bord de mer soit interdit aux promoteurs immobiliers, a bouché le chemin et pour notre sécurité a aménagé un parking payant, et plus tard a mis en circulation un petit train.

Alors c’est en empruntant le chemin de hallage à partir de Palavas, qu’on arrivait à hauteur de la plage déserte. Puis on traversait l’étang en pataugeant. On dérangeait les oiseaux, c’était l’aventure.

Quelques années plus tard, peut être par crainte d’une collision entre une voiture et la dragueuse du canal, sait on jamais, donc pour notre sécurité le chemin de hallage a été fermé du côté de Palavas.

Les plus tenaces ont contourné l’étang de Vic par la route nationale ou côtière, traversé le pont du canal après le bois de Fontaine à Vic la Gardiole pour prendre le chemin de hallage dans l’autre sens.

Cependant ces dizaines de voitures garées le long du canal n’auraient-elles pas gêné l’arrivée des secours en cas d’accident de cerf volant ou de péniche ? En conséquence pour notre sécurité le chemin de hallage fut fermé dans les deux sens quelques étés plus tard.

Et d’année en année, de barrières en chicanes de rochers, pour notre sécurité des parkings aménagés veulent nous tenir, nous concentrer, loin de ce qui demeure un petit paradis inaccessible, sinon en bateau ou au bout d’une longue marche.

Les Aresquiers sont ainsi devenu une métaphore de l’évolution du monde. Sous prétexte d’une sécurité illusoire ou fantasmée, notre liberté est rognée, amputée.

Mais il semblerait qu’il y ait encore là bas quelques irréductibles baigneurs. Vivement l’été.

 

 

CITATION DE LA SEMAINE 2 15 janvier 2017

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« Un homme qui ne boit que de l’eau a un secret à cacher à ses semblables. »

Baudelaire

 

 

LE RUGBY FRAPPE PAR LA BETISE. 12 janvier 2017

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Il fut un temps où on décrivait le rugby comme un sport de voyous joué par des gentlemen. C’était avant l’ère du sport professionnel.

Mais il y quelques jours encore le rugby avait une règle à nulle autre pareille dans les disciplines sportives. Un joueur d’une autre nationalité pouvait être sélectionné en équipe de France à condition qu’il joue en France depuis au moins trois années consécutives et qu’il n’est pas été sélectionné par une autre nation.

En ces temps de replis nationalistes, c’était beau. Cela illustrait bien la philosophie des  « Lumières » dont on se réclame, avec par exemple Voltaire qui écrivait « La patrie est là où on vit heureux ».

Cependant depuis 2010 le XV de France n’a gagné aucun tournoi des six nations, la coupe du monde s’est terminée par une humiliation en quarts de finale face aux néo zélandais.

Serait-ce la faute aux étrangers qui en équipe de France prenne la place des authentiques « bleus » ?

Peut-être que le nouveau président de la Fédération Française de Rugby, Bernard Laporte, voulait nous le faire croire quand il a dit au président de World Rugby « que nous avions pris la décision politique de ne plus faire jouer des étrangers en équipe nationale».

Ainsi frappé par la bêtise le rugby abandonne son originalité, son ouverture aux citoyens du monde. Sombre initiative de ce nouveau président, qui toutes proportions gardées, est au rugby ce que Trump est aux USA; car en voulant changer les choses, les 1.800 clubs amateurs en colère, ont donné le pouvoir au plus emblématique représentant de 30 entreprises sportives professionnelles.

Homme d’affaires avec casinos, restaurants, campings et démêles judiciaires, le chantre du rugby d’affaires, Laporte, s’est déguisé, pour être élu, en candidat anti-système, invoquant les valeurs d’antan et exploitant le ras le bol du « rugby d’en bas » celui des clubs amateurs. Clubs qui en ont assez d’être de moins en moins représentés dans les instances dirigeantes, de vivoter d’aides parcimonieuses des collectivités locales quand ce sport brasse au sommet de plus en plus d’argent. En conséquence ils ont élu à la tête de la fédération… le meilleur représentant de la dérive financière de ce sport, ce qu’explique le journaliste Adrien Pécout.

Sans oublier que secrétaire d’État aux sports sous Sarkozy, B.Laporte a participé à la baisse des dépenses publiques en direction des Centres régionaux d’éducation populaire et de sport (Creps) en en faisant disparaître quelques uns, et en conséquence en réduisant la formation et la découverte de sportifs de haut niveau.

Mais si B.Laporte ne veut plus d’étranger en équipe de France, il se garde bien de toute « décision politique» qui pourrait contraindre les clubs professionnels. Eux, si tel est leur choix, plutôt que de former des jeunes du cru, ils pourront continuer d’aller puiser sans limites les étoiles de l’hémisphère sud.

Un exemple qui en dit long : lors de la dernière journée de championnat, pour affronter Bordeaux-Bègles, Montpellier, 3ème au classement, alignait en début de match, 13 joueurs étrangers pour 2 français, dont un pas loin de la retraite sportive.

Comment le rugby pourra-t-il retrouver son lustre d’antan si l’équipe de France rejette les étrangers pendant que les clubs professionnels n’emploient pas de joueurs locaux ?

Le rugby est frappé par la bêtise. Il lui faudra du temps pour s’en remettre.

 

 

CITATION DE LA SEMAINE N°1 8 janvier 2017

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« Saluons ensemble cette nouvelle année qui vieillit notre amitié sans vieillir notre cœur. »

Victor Hugo

 

 

VŒUX (politiques) pour 2017. 7 janvier 2017

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Vœux pour qu’en 2017 :

On ne nous « bassine » plus avec le coût du travail. Il faudrait au contraire se préoccuper du coût du capital qui capte une part de plus en plus grande de la valeur ajoutée réalisée, au détriment du travail, calmer sa voracité.

 

On arrête de nous « bourrer » le mou avec la dette, et qu’on parle un peu de la richesse. Il faut claironner par monts et par vaux que la richesse patrimoniale de la France (publique et privée, immobilière et financière) représente 17 années de PIB, la dette une seule (presque). Qui, avec des biens 17 fois supérieurs à ses dettes, serait tancé par son banquier ? Personne à par que le banquier soit fou.

Évidemment laisser croire au peuple que le pays est en faillite permet de lui faire accepter la mise à mal de l’État social. Et ne pas parler de la richesse évite de considérer sa répartition inégalitaire comme jamais. Alors, notre richesse, en 2017, parlons en.

 

On cesse de nous focaliser sur la dépense publique et penchons nous sans tarder sur la recette publique. C’est elle qui est très mal. Il faut la guérir de ses nombreuses maladies : optimisation fiscale, évasion fiscale et fraude fiscale, spéculation et paradis fiscaux, exonérations fiscales sans contre-partie aux grandes entreprises et aux banques.

La recette publique guérie, la réduction de la dépense publique ne sera plus une obsession destructrice d’emplois.

 

On s’aperçoive qu’il n’y a pas que la croissance et les  tripatouillages de chiffres qui peuvent faire baisser le chômage. Le travail nous pouvons le partager.

 

En 2017 il serait bienvenu que la classe politique change de patron en préférant la confiance de la population à la confiance des marchés.

 

Il serait temps de considérer le principe de réductions des déficits à 2% pour ce qu’il est : un canular aux conséquences tragiques.

 

2017, souhaitons l’économie enfin au service de notre bien-être et non plus notre bien-être sacrifié pour l’économie de la finance.

 

Cette année nos gouvernants devraient s’arrêter de gloser sur l’État de droit mais le rétablir en commençant par sa règle première, la séparation des pouvoirs. Une justice indépendante, y compris le Parquet, et que si le président de la République est élu au suffrage universel, les députés soient tirés au sort comme les jurés.

 

Et ce serait bien si les médias cessaient d’accuser d’être « contre l’Europe » ceux qui sont opposés aux institutions de l’Union européenne. Institutions qui en font une machine pour rendre irréversible la dictature des marchés financiers, ce qui n’est pas l’Europe.

 

On devrait cesser d’appeler migrants les malheureux réfugiés.

 

En 2017 il faudra pas nous en vouloir si l’on va voir des populistes plutôt que d’aller danser avec Tina (« Thère is no alternative » au néolibéralisme). Tina, la maquerelle de la Belle Alliance En marche avec Les Républicains.

Nous savons bien que ce ne sont là que vœux pieux.

Cependant si à la présidentielle un candidat reprenait six ou sept de ces souhaits, ça nous changerait, en cas d’élection, de cette décennie de bricolages, de gestion à court terme et de l’étreinte de Tina.

 

 

RÉTROSPECTIVE 2016 (de P.G Coulet) EN LECTURES. 4 janvier 2017

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L’année passée ayant été sinistre sur le plan collectif, pour la jalonner de repères et de souvenirs acceptables, il vaut mieux demeurer au niveau individuel.

Pour moi les livres feront l’affaire en matière de rétrospective. Ils sont en nombre suffisant. J’ai lu cette année 77 ouvrages récents ou anciens : 18 romans, 12 romans policiers, un livre d’histoire, 28 pièces de théâtre, 12 essais, un recueil de nouvelles, 2 biographies, 2 livres de voyages, et une œuvre inclassable.

Je retourne en 2016 sur les traces des plus remarqués, des plus remarquables, en bien ou en mal.

Janvier : Démarrage en douceur.

Les lectures de l’année commencent par une relecture, « Le soir des rois » de William Shakespeare, histoire de préparer le spectacle donné le 18 au Cratère par le Théâtre Machine, qui sera excellentissime.

Petite déception avec « François le petit. Chronique d’un règne » de Patrick Rambaud, car c’est inférieur à ses chroniques sur Nicolas 1er. Toutefois cela permet une bonne révision des événements de 2012 à mi 2015 traités avec humour, et nous partageons la même haine pour Sarkozy, le même mépris pour Hollande.

Le titre « Terreur sur l’hexagone » de Gilles Keppel et Antoine Jardin fait plus racoleur qu’universitaire, néanmoins il donne à réfléchir et devient un peu effrayant quand il démontre que nos gouvernants refusent de considérer les causes du terrorisme pour n’en traiter que les effets. La suite des événements hélas…

Février:Arrivée des polars et toujours Shakespeare.

Même si le quadricentenaire de sa mort était en 2015 on continue de l’honorer, de le découvrir, comme avec « Will le magnifique » de Stephen Greenblatt. Une biographie certes, mais aussi un remarquable livre d’histoire et d’histoire de la littérature pour lequel il ne saurait y avoir trop d’éloges.

Cratère oblige, (re)lecture de « Richard II » avant de le (re)voir dans une nouvelle mise en scène le 13 du mois.

Ce fut excellent. Une mise en scène flamboyante de Guillaume Severac-Schmitz, dont on reparlera sans doute. De bons acteurs et un texte élagué avec intelligence qui n’a pas du faire retourner William dans sa tombe. Un regret quand même ; une seule comédienne pour 3 rôles féminins, ce qui réduisit la présence de la reine en enlevant de belles scènes avec ses suivantes ou les jardiniers.

Il n’y a pas que le théâtre dans la vie, il faut aussi comprendre le monde actuel. C’est ce que permet « La Nouvelle raison du monde » montrant que le néolibéralisme n’est pas la restauration d’un capitalisme pur, et loin de voir dans le marché une donnée naturelle qui limiterait l’action de l’État,il l’utilise pour faire de l’entreprise le modèle de gouvernement des sujets.

Encore un ouvrage que la gauche de gouvernement a oublié de lire

Grosse déception en février à cause de « Perfidia » de James Ellroy. Lourde chute pour l’auteur des brillants « Américan tabloïds » et « L.A. Confidential ». Ses constructions compliquées ne surprennent plus mais ennuient et son style nerveux est devenu fatigant.

Heureusement il y eut des satisfactions dans la littérature policière ; telle « L’île des chasseurs d’oiseaux »  de Peter May. Une bonne histoire qui de plus fait découvrir les Hébrides. Et surtout « En vrille » de Déon Meyer, mon auteur de polars préféré qui nous livre l’Afrique du Sud à travers son œuvre. « En vrille » est un roman policier sur fond viticole, l’auteur étant par ailleurs un afrikaner passionné de vin. C’est sans doute une des raisons qui l’amena à la manifestation autour du polar organisée à la Chartreuse de Villeneuve les Avignon avec le concours des vins des Côtes du Rhône. Ce sera un samedi d’octobre où j’aurai le plaisir de le rencontrer et de blaguer un peu avec ce géant bonhomme (style pilier springbok).

Mars : Rachel quand du seigneur,

« A l’ombre des jeunes filles en fleurs » de Marcel Proust, le narrateur rencontre dans une médiocre maison de passe la juive Rachel qu’il baptise « Rachel quand du seigneur » référence au début du plus célèbre morceau de l’opéra « La juive » d’Halévy.

Grande lectrice de Proust, c’est en participant à un jeu sur France Musique, que ma femme gagna deux places pour « La juive » donnée alors à l’opéra de Lyon.

Le 16 mars, après avoir bravé une tempête de neige entre Pont Saint Esprit et Valence, nous avons vu et entendu « La juive ».

Une très belle soirée lyrique. Le metteur en scène, Olivier Py, le directeur du festival d’Avignon, a mis en évidence l’appel à la tolérance que contient l’œuvre. Il y avait un très bon orchestre, des ténors nasillards comme des ténors, d’admirables sopranos, d’honnêtes basses et barytons. Et enfin nous avons entendu l’air fameux d’Eléazar, le père adoptif de la juive au paroxysme du drame :

« Rachel quand du seigneur, la grâce tutélaire

A mes tremblantes mains confia ton berceau,

J’avais à ton bonheur voué ma vie entière

Et c’est moi qui te livre au bourreau. »

Si vous voulez le son allez sur internet, tapez « Rachel quand du seigneur » et choisissez la version de Georges Thyl ou celle de Caruso, ce sont les meilleures.

Dans la foulée j’ai pris plaisir à lire le livret de « La juive » écrit par Eugène Scribe.

Comme il n’y a pas que Shakespeare dans la vie (du théâtre) je me suis attelé au Théâtre élisabéthain, une manière de poursuivre l’Année Shakespeare. J’ai commencé avec « Gordobuc » coécrit par Thomas Sackville et Thomas Norton. C’est le premier drame élisabéthain connu. Un peu lourd, mais le grand Will y a puisé de la matière première pour ses Hamlet et Lear.

Avril : Une biographie époustouflante.

D’abord le mois est marqué par « Galatée » de John Lily (jouée en 1588) Un conte rafraîchissant, réjouissant, qui mériterait d’être joué aujourd’hui. Shakespeare y a trouvé un peu de la Nuit des rois et du Songe d’une nuit d’été.

Puis il y eut « L’histoire criminelle des États Unis » Et si l’histoire des USA s’était faite sur le crime ?

Enfin un chef d’œuvre de biographie : « Aragon » de Philippe Forest.

L’admiration sans complaisance du biographe produit un livre passionnant émouvant et terrible. On comprend mieux le poète, son époque, ses œuvres, ses combats, mais des mystères demeurent. Car on ne peut jamais tout savoir sinon qu’au XXème siècle il y a d’abord Aragon.

Mai : Mauvaises pioches pour un voyage.

Du théâtre élisabéthain en mai je retiens « Édouard II » de Christopher Marlowe. Magnifique drame historique que nous avions vu en 1981, le regretté Philippe Clévenot dans le rôle titre, et une mise en scène « historique » de Bernard Sobel.

Il me faut aussi parler du plaisir de lire « Maruzza Musumeci » d’Andréa Camilleri connu pour son « Commissaire Montalbano ». Avec eux c’était déjà mettre un pied en Sicile que nous allions découvrir.

Avant de partir j’ai voulu connaître les impressions d’un écrivain. Même si cela est un peu ancien j’ai lu « Le carrousel sicilien » de Lawrence Durell. Ce fut décevant et inutile. Sur l’île rien ne lui a plu à part Erice. Son livre (sur commande) devait si peu l’intéresser qu’il y a fait du remplissage allant même jusqu’à décrire un toro-piscine …à Sommières. Ma femme et moi au contraire avons beaucoup aimé la Grande Grèce.

Cependant même en voyage il y a toujours des moments de lecture autres qu’avec les guides. J’ai donc emporté le volumineux volume, qui venait de sortir, d’un auteur jusqu’ici plaisant : « L’avenue des mystères » de John Irving. Encore une mauvaise pioche. Un insupportable salmigondis. Inutile d’en dire plus.

Autre déception littéraire, le musée Pirandello à Agrigente. Pourtant installé dans la maison de l’écrivain, vous ne pourrez vous y procurer ni œuvres, ni souvenirs du Nobel 1934.

Pour se consoler on trouvera à Raguse les restaurants et les plats succulents dont raffole Montalbano. C’est dans cette ville que l’adaptation télé des romans de Camillert a installé le commissariat de son héros.

Juin:La lecture au creux de la vague.

De notable seulement « Purity » de Jonathan Franzen. Mais si la perfection ce n’est pas lorsqu’on ne peut plus rien ajouter mais quand on ne peut plus rien retrancher (Saint Saint-Exupéry) ce livre n’atteint pas la perfection.

Juillet : De la lecture malgré tout.

Dans «  L’individu ingouvernable » de Roland Gori,,j’ai,parfois été largué par ses passages relatifs aux techniques psychanalytiques, mais j’y ai trouvé aussi des analyses lumineuses sur la « démocratie sécuritaire » dont on a vu l’efficacité.

En juillet j’ai retrouvé le Michael Conelly que j’aime grâce à ses « Dieux du verdict » polar captivant, « liquidé » en un temps record. C’était bien mieux, par exemple que sa « Mariachi plazza ». Mais cet auteur est devenu si prolifique que je me demande si de temps en temps, il n’y a pas quelque nègre qui passe.

Le théâtre élisabéthain avait délégué pour le mois « Le Malcontent » de John Marston. Jubilatoires jeux de pouvoirs et de cocufiages.

Août : Le metteur en scène de l’année.

Lu « ça ira. Fin de Louis » de Joël Pommerat. Pièce de théâtre adaptant 1789, les États Généraux et ce qui s’en suivit. Cette lecture s’était imposée après en avoir vu la représentation au château d’Ô à Montpellier lors du Printemps des Comédiens en juin, ce qui fut un grand bonheur théâtral malgré un vent frisquet. Mais si nous étions à Montpellier c’est parce que nous avions été enchantés par le « Pinocchio » qu’il avait donné à Alès en février : Tu vois un truc qui te fais voir un autre truc qui te pousse à lire ce truc, tout ça par Joël Pommerat, l’artiste de l’année, pour moi tout au moins.

N’ayons pas peur des mots, « Faillir être flinguée » de Céline Minard, paru en 2015 est extraordinaire, aussi je comptais me régaler avec « Le grand jeu » Perdu ! Le bien écrit ne suffit pas à faire un bon livre. Son héroïne que se construit une vie d’ermite (tout confort) dans un massif montagneux perdu, nous emmerde assez vite.

Cette déception fut effacée par « Les vies multiples d’Amory Clay » roman de William Boyd. Vie d’une photographe indépendante et généreuse qui nous fait parcourir le monde au gré des événements les plus marquants de l’histoire contemporaine. C’est une ode magnifique à la liberté des femmes.

Septembre : Une découverte.

« Lis le, il est bien. » dit un de mes enfants en me laissant « Il était une ville » de Thomas B. Reverdy. Sensible et poétique -pas loin du chef d’œuvre- il y a une histoire, des histoires au milieu du chaos d’un capitalisme crépusculaire ( Détroit en faillite) racontées de façon simple et limpide. La meilleure lecture de l’été et « la » découverte ».

Lorsqu’on a un coup de cœur pour un auteur que l’on découvre on veut tout en lire. J’ai donc lu ses ouvrages précédents : « Les évaporés » et « Le ciel pour mémoire » qui montrent, à rebours, la progression de l’écrivain.

Octobre : Bonnes feuilles en automne.

Nouvelle découverte et nouveau grand roman : Nickolas Butler « Des hommes de peu de foi ». Avec un camp de scouts dans le Wisconsin, où tous les personnages passent à un moment, Butler sonde les cœurs de trois générations d’hommes et de femmes héroïques et imparfaits, trop humains donc.

Arrêt sur le théâtre élisabéthain avec « Volpone » de Ben Jonson. Une histoire d’arnaques qui doit donner un spectacle génial avec des acteurs corrects.

Et au fil des lectures une rencontre avec « L’homme qui se prenait pour Napoléon » Une étude politique de la folie au XIXéme siècle. Un essai intéressant et plaisant de Laure Murat.

Novembre : Le Goncourt, l’inclassable et le dévoré.

« Un singulier garçon » de Kate Summerscale,est un livre singulier. A partir d’un fait divers -un jeune garçon qui tua sa mère- c’est à la fois un roman, un reportage, une biographie, une étude sociologique de l’Angleterre victorienne. Un livre inclassable, à part peut-être dans la catégorie des chefs d’œuvres.

Une écriture qui vous berce puis vous bascule dans le drame autour d’une nounou d’enfer, c’est la « Chanson douce » de Leila Slimani, prix Goncourt 2016 mérité.

Si vous ne savez pas ce que dévorer un livre veut dire, prenez. « Station Eleven » de la canadienne Emily Saint John Mandel et essayez d’en interrompre la lecture. D’abandonner un instant les aventures de cette troupe ambulante qui joue Shakespeare (encore lui ! On ne pourra pas s’en débarrasser.) et du Beethoven en parcourant un monde post-apocalyptique aux rares survivants… vous échouerez.

Décembre : Final en beauté.

Nouveau dicton : Avant le réveillon tout est bon.

Le théâtre apporte son écot avec « L a duchesse d’Amalfi » de John Webster, extraordinaire tragédie baroque.

Parmi les essais il en est un à offrir à un parent ou un ami qui ne jureraient que par notre identité gauloise ou nos racines chrétiennes. « Notre France » de Raphael Glucksman permettra de les déniaiser avec cette belle évocation de toutes nos origines et de tous ces mélanges de populations venues du sud, de l’est , du nord, qui n’ont cessé au cours des siècles de construire de transformer et de défendre  ce qu’est devenue et deviendra notre France.

Je me suis demandé pourquoi ce n’était pas elle le nouveau Nobel de littérature. Tant d’années à écrire des ouvrages toujours intéressants, sinon admirables…Son « Sacrifice » ne baissant pas le niveau de Joyce Carol Oates. C’est une description pessimiste mais enlevée des USA : la pauvreté, le racisme, la religion business, les moyens pas toujours légaux ou efficaces pour s’en sortir…Comment peuvent-ils être les maîtres du monde ?

En tous cas ils sont peut-être les maîtres de la littérature car aux côtés d’ Oates il y a Russel Banks. Celui-ci vous emporte avec ses « Continents à la dérive » (nouvelle édition, nouvelle traduction). C’est une odyssée contemporaine où l’auteur nous livre une vision désabusée du rêve américain en même temps qu’un tableau intemporel de la tragique condition humaine. C’est un roman « dur » éminemment politique qui résonne toujours avec notre temps.

C’était le meilleur à la fin. Et pour mettre fin à cette rétrospective en bouquins, qui grâce à eux fut bonne, je laisse à Banks le mot de la fin avec la phrase finale de son roman :

« Va, mon livre, et contribue à détruire le monde tel qu’il est. »

 

 

BONNE ANNEE 2017 (bis) 1 janvier 2017

Classé dans : Non classé — agir ensemble 30380 @ 20 h 05 min

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HEUREUSE ANNEE 2017

Classé dans : Non classé,Toutes — agir ensemble 30380 @ 11 h 47 min

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