En première page du journal de l’Agglo ce titre choc :
« Démographie : le territoire le plus dynamique de France ».
Rien que ça !
Et à l’intérieur dans le cadre de la doctrine « Plus c’est gros mieux ça passe » des titres qui n’y vont pas de main morte :
« Alès Agglo locomotive démographique française »
et « Alès devant les grandes métropoles régionales ».
Nous revoilà plongés dans le monde merveilleux de l’Agglo.Nos élus en responsabilité réagissent comme si une augmentation démographique était la panacée : la population augmente donc tout va bien, et qu’importe les autres chiffres, on ne veut pas savoir.
Mais derrière le nombre d’habitants il y a d’autres éléments qui nous donnent une photographie de la sociologie de la population; chiffres gênants pour un président sortant mais que l’Insee ne cache pas sur son site. Nous l’avons consulté.
Il est vrai que l’Agglo gagne 8300 habitants en 6 ans. Mais c’est mentir que de dire qu’elle est « A contre courant des fragilités nationales ».
D’abord parce que la population globale de la France augmente elle aussi (voir l’article « Derrière le dynamisme démographique »).
Ensuite parce que le solde naturel – la différence entre les naissances et les décès – y est négatif et à Alès aussi où en 2025 il y eu 168 décès de plus, ce qui n’est pas terrible pour une « locomotive ».
Ce sont donc les migrations internes ou l’immigration qui permettent une augmentation de la population.
Par contre les métropoles régionales, elles, ont un solde naturel positif : Montpellier 1150 naissances de plus que de décès et Toulouse 2790, conséquence évidente de la jeunesse de la population.
Il faut prendre garde avant de se comparer aux métropoles à moins de dire (volontairement) n’importe quoi.
Même si si le territoire « s’affirme comme un modèle d’attractivité » est-il juste d’écrire « Une croissance portée par l’arrivée d’actifs qui contribuent directement à la création de richesse, à l’emploi local à la vitalité économique d’Alès Agglomération » ?
Avec ses chiffres que l’Agglo veut ignorer, l’Insee prouve que non !
On peut y noter :
En France les 60 ans et plus représentent un peu plus de 25% de la population,
sur l’Agglo 33,4 %.
Le taux de chômage en France est de 7,7 %,
sur l’Agglo 15,56 %.
En France le taux de ménages imposables est de 45 %,
sur Alès 34 %.
Le taux de pauvreté en France est de 14,9 %,
sur Alès 30 % .
Ces données signifient que cette « locomotive » ce « territoire le plus dynamique de France » avec son attractivité n’a pas éradiqué chômage et pauvreté.
On peut en déduire, en liaison avec le solde naturel négatif, qu’à l’arrivée ce sont des populations âgées et précaires qui nous viennent. (d’où ce nombre record de familles monoparentales).
Cette analyse nous amène à un autre problème.
Une population qui augmente ce sont des besoins accrus auxquels doit répondre la collectivité au niveau des services publics : écoles, établissements culturels et sportifs, action sociale, volume des déchets, extension de la voirie…Le journal de l’Agglo les ignore !
Avec une forte proportion d’inactifs et de pauvres dans les populations nouvelles le bilan économique et les finances locales ne peuvent être que catastrophiques.
Se focaliser uniquement sur la croissance démographique, ignorer les données socio-économiques ne permet pas de connaître la réalité.
Présenter un territoire en difficulté comme un monde parfait, c’est tromper la population, c’est lui manquer de respect, la considérer comme manipulable, prête à tout gober.
Cette différence abyssale entre la propagande et la réalité fleure l’escroquerie. C’est le degré zéro de la politique.